Rapport d’activité 2017

Dans la vie d’une association, il y a des moments de forte activité où l’on savoure le plaisir d’avoir réussi ce que nous avons entrepris. Plaisir savouré ensemble qui renforce notre sentiment d’appartenance au même ensemble, notre association l’ANPASE. A d’autres moments, c’est ensemble dans la même galère. Cette dernière expression résume assez bien l’année écoulée.

Oui nous avons galéré !

C’est dans la tempête que nous pouvons mesurer la qualité de l’engagement dirons-nous ! Les fondements de notre engagement associatif ont été mis à l’épreuve.

Nous avons appris à nos dépens qu’une thématique d’actualité peut ne pas rencontrer son public, ni recueillir autant d’adhésion que nous le pensions. Pour garantir, des débats de qualité, ainsi que l’équilibre financier des journées, nous avons dû prendre la décision de reporter les journées de Toulouse sur la dématérialisation, à une date ultérieure.[1] Le sujet n’était peut-être pas dans l’air du temps.

Peut-être avons-nous négligé que l’esprit de notre temps, ce que la finance appelle le principe TDSM (Tout de suite maintenant) et qui prévaut dans tous les domaines (argent, reconnaissance, amour, formation), vient envahir le travail social ! Dans un contexte de rationalisation des coûts et de normalisation, le plan de formation qui  est celui de l’entreprise, conditionne l’accès aux formations utiles de suite pour l’entreprise du social. Les journées de Toulouse en ont sans doute fait les frais.

Nous avons aussi appris qu’il faut laisser du temps au temps pour que des professionnels aient le temps et la disponibilité d’esprit pour se consacrer bénévolement à la construction de journées telles que celles qui seront consacrées aux violences conjugales, intrafamiliales.

Mais avons-nous encore le temps pour penser !

Car c’est de cela qu’il s’est agi. C’est quoi l’ANPASE après tout ! Un espace d’échange, de mutualisation des savoirs, un moyen de s’oxygéner l’esprit  au contact des autres, un moyen de sortir de l’entre soi de nos institutions…

L’ANPASE invite les travailleurs sociaux dans ses rencontres mensuelles régionales, à un temps pour ouvrir la soupape de sécurité, lâcher la pression et arriver à prendre du recul. Lors de ces rencontres, nous constatons que ceux-ci sont aux prises dans  leur quotidien avec : surcharge de travail, poids de l’organisation, pression de la hiérarchie, hausse du stress, aggravation du climat social, incompréhension de l’orientation stratégique… qui peut les conduire à une l’incapacité à s’arrêter de penser à leur travail, ouvrant la voie vers le burnout.

Une des forces de l’ANPASE est son ancrage dans le tissu multi professionnel qui permet la confrontation de points de vue et enrichit les débats des réunions : accueil familial, placement à domicile, accompagnement en MECS, mineurs isolés, formation des travailleurs sociaux… les plus belles pages de l’ANPASE se nichent dans ces débats dont malheureusement peu sont consignés par écrit.

Sommes-nous encore à la page !

Oui, si nous nous référons aux statistiques du site internet, la fréquentation mensuelle, de janvier à décembre varie de 4274 à 26167 pages consultées par 1324 à 5628 visiteurs chaque mois.

Pour mémoire en 2016, la fréquentation la plus haute, en mars et en octobre était respectivement 1537 et 1443 pages consultés pour 395 et 622 visites.

Les travaux, les publications de l’ANPASE semblent avoir trouvé leur public. Les newsletters comptent 161 abonnés.

Si une association s’établit sur une poignée de militants épaulés par des groupes d’adhérents actifs entourés de sympathisants, il nous faut néanmoins augmenter notre bassin de relations de façon à étendre la portée de nos débats. Plus il y a de personnes qui savent qui nous sommes, ce que nous faisons et ce que nous voulons faire, plus nous aurons de chances d’étoffer nos équipes de terrain et le conseil d’administration.

Et le conseil d’administration dans tout ça !

Etre bénévole signifie donner une partie de son temps libre à une association. L’engagement bénévole n’est pas facile à vivre tous les jours, mais procure le sentiment de ne pas rester inactif face à l’individualisme de notre société.

Militer au sein du CA c’est aussi donner de son temps en dehors de ses préoccupations habituelles, ce qui n’a pas été simple cette année pour plusieurs d’entre nous.

Pour mener à bien son travail, le Conseil d’administration s’est réuni à deux reprises cette année ; entre temps, quatre réunions de bureau ont permis de préparer CA et AG.

Par ailleurs, le CA continue à se mobiliser avec le CEP-Enfance (Collectif Construisons Ensemble la Politique de l’Enfance).

Bilan et Perspectives

Un rapport d’activité, c’est dresser un bilan et dégager des perspectives.

 Des temps forts de l’ANPASE sont déjà en préparation :

  • avril /mai 2018 à Pau : « l’apéro ANPASE » sur l’enjeu de la normalisation dans le social
  • 4 et 5 octobre 2018 Rendez-vous est pris à l’École Nationale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse à Roubaix pour deux journées consacrées aux violences conjugales.

Et puis il y aura ce que nous allons préparer ensemble aujourd’hui, alors je m’arrête de  « causer » comme on dit chez nous pour que nous puissions ensemble poursuivre le débat. 

Rapport d’activité préparé par E LEMAIRE secrétaire de l’ANPASE


[1] Reprogrammé en juin 2018, il nous a fallu les annuler pour les mêmes raisons.