Ou en est la formation des assistants familiaux ?

Le 25 juin 2005, la loi n°2005-706 relative aux assistantes maternelles et aux assistants familiaux voyait le jour. Après des années de lutte depuis les années 1970 pour obtenir une première forme de reconnaissance de la pratique avec enfin un statut de professionnel.

Cette loi inscrivait les assistants familiaux dans le corps des travailleurs sociaux, constitué de 14 professions au service de l’Action sociale.

Elle leur donnait une place à part entière dans les équipes de Protection de l’enfance notamment par la mise en place du contrat d’accueil – art.10 de la Loi – qui indique les modalités d’information des assistants familiaux sur la situation de l’enfant acceuilli.

Elle créait un Diplôme d’Etat d’Assistant Familial – art. 9 de la Loi – qui leur permet, en ayant suivi la formation obligatoire, l’obtention d’un diplôme professionnel attestant de compétences et de connaissances acquises par un stage préparatoire de 60 heures organisé par l’employeur qui valide l’inscription à la formation de 240 heures organisée dans des centres et services de formation agréés par les D.R.J.S.C.S.

Tant du côté des employeurs que du côté des assistants familiaux la montée en compétences a été nettement perceptible et appréciée.

Pour cela est-ce que tout va bien?

Le soutien à l’enfant et sa famille n’est envisageable que dans un travail collectif afin de croiser au maximun les regards de professionnels, ce qui peut-être la définition d’une équipe pluridisciplinaire.

A cette occasion, je voudrais rappeler deux citations:

* celle de Myriam David qui indiquait que la qualité d’un placement familial ne dépend pas de la qualité des familles recrutées mais de la qualité des moyens de soutien mis à  disposition de cette famille.

* celle de Michel Lemay sur l’illusion de l’équipe qui n’a de sens qu’avec un objectif commun.

En effet, l’arrivée de ces nouveaux travailleurs sociaux a généré beaucoup d’inquiètude quand à la place que chacun des professionnels allait devoir redéfinir pour soutenir des familles en difficultés.

Dans ce cadre, les dernières Lois sur la réforme de la Protection de l’enfance vont dans la bonne direction en insistant sur l’importance du Projet pour l’Enfant (PPE) puisqu’il réunit autour d’une table tous les acteurs avec l’enfant et ses parents dans la recherche d’un concensus.

Le législateur a nommé le Président du Conseil Départemental pour garantir à l’ensemble des assistants familiaux de son territoire que la formation est construite sur la base du référentiel professionnel national qui structure à la fois la formation et la certification, et ce, quelque soit leur employeur.

Si sur ce dernier point, on peut regretter que la majorité des départements n’ont pas signé d’accord tripartite avec les employeurs et les centres de formation, notre attention doit être maintenue car d’autres dérives pointent leurs nez.

En effet on constate de plus en plus que des employeurs conventionnent avec des organismes de formation pour former leurs assistants familiaux, voir les assistants familiaux d’un secteur géographique particulier. Dans d’autres départements ce sont les employeurs qui fournissent les lieux de formation.

N’assistons nous pas à une tentative, au nom de l’économie peut-être,  d’une reprise de contrôle de la formation des assistants familiaux par leurs employeurs, ce qui à terme entraînerait une dévalorisation de ce diplôme.

Comment dans ces conditions, l’Etat peut-il garantir que les critères nationaux d’organisation et de vaidation puissent assurer aux assistants familiaux un même accès sur le territoire national à une certification validée par un diplôme d’Etat

Onze ans après, votre vigilance est toujours nécessaire pour protéger l’esprit de la Loi et le combat des pionnières, je pense entre autres à Micheline LENNE, qui ont oeuvrées pour cette reconnaissance.

Dominique LAPIERRE