La richesse de l’être humain est de ressentir des émotions.

La richesse de l’être humain est de ressentir des émotions. Elles permettent la reconnaissance de l’autre dans sa différence, aussi bien culturelle que religieuse, dans son altérité. Elles donnent de la couleur à l’âme des croyants.

Nous, travailleur sociaux développons une compétence qui manque cruellement à d’autres : l’empathie.

Cette  capacité est celle de ressentir des émotions appropriées en réponse à celles exprimées par autrui tout en effectuant une distinction entre soi et autrui et en régulant ses propres réponses émotionnelles.

 « L’impensable », nous travailleurs sociaux qui côtoyons parfois un monde déshumanisé devrions y être mieux préparé que la plupart des citoyens et pourtant …

A Douai, on juge une mère de famille pour le meurtre de huit nouveau-nés …

A Saint-Quentin-Fallavier,  six mois après les attentats de janvier à Paris, un homme meurt dans une mise en scène effroyable et moyenâgeuse qui porte le sceau de la barbarie…  

A Sousse, sur une plage tunisienne, un attentat  meurtrier frappe à l’aveugle, une trentaine de touristes étrangers…  

Quel que soit le lieu, l’évènement, cela dépasse l’entendement, notre faculté à nous saisir intellectuellement ou par le cœur, de ce qui fait sens dans de tels passage à l’acte d’une extrême violence.

La violence dépouille l’autre de sa qualité humaine. Le sujet violent retire à l’autre le statut de semblable. Il le déshumanise, le « chosifie ». Il le sort du champ d’application des règles morales.

Dans notre société médiatique, les « bourreaux » ont souvent plus les « honneurs » de la presse que les victimes. En donnant un prénom aux huit enfants, le procureur de Douai leur a redonné un peu d’humanité. En Isère, la victime se prénommait Hervé.

Rendre hommage aux victimes en témoignage de leur humanité, voilà le sens premier de cet écrit.

Affirmer l’importance du travail social ; nous, travailleur sociaux, nous avons mission de contribuer à l’humanisation des liens sociaux. Et nous travailleurs sociaux: Jean, Éric, Aminata, Christelle, Ahmed, Anne, Tristan…  ne sommes pas uniquement un groupe ou des travailleurs sociaux. Nous sommes une identité, un individu et plus que jamais il est important de réaffirmer : Oui la vie a un prix, oui la vie « vaut » d’être vécue !